Lieux énergétiques de France

 


Qui n’a pas ressenti, au moins une fois dans sa vie, une sensation particulière – que celle-ci soit positive ou négative – en passant dans un lieu précis ? Certains nous diront avoir éprouvé comme un malaise, d’autres, par contre, se rappelleront s’être sentis tout simplement bien. Cette impression, ils peuvent l’avoir expérimentée dans des endroits aussi divers qu’une forêt ou une église, voire une maison. S’agit-il d’une vue de l’esprit, ou existe-t-il un phénomène mesurable responsable de cet état de fait ? Reconnaissons, d’emblée, que ces sensations ne proviennent pas de notre imagination mais d’une énergie bien réelle émanant de la Terre. La surface de notre planète est effectivement parcourue par des courants telluriques, liés au champ magnétique terrestre, formant comme une sorte de quadrillage.

En 1937, le docteur Peyré fut l’un des premiers à mettre en évidence ce réseau formé de carrés de 7 à 8 mètres de côté. Un peu plus tard, le docteur Hartmann découvrit un autre quadrillage, à l’intérieur même du réseau Peyré, constitué de segments de 2 à 2,50 mètres de long. Normalement, ce rayonnement tellurique est, en quelque sorte, neutralisé par les rayons cosmiques. Toutefois, il arrive que ce ne soit pas le cas si, par exemple, les courants telluriques se trouvent à la verticale de failles ou de cours d’eau souterrains. A ce moment-là, leur rayonnement est d’une telle intensité que le lieu où il s’exerce peut devenir néfaste pour la santé. Pour remédier à cette situation et changer une zone initialement géopathogène en un lieu désormais émetteur d’ondes bénéfiques, les hommes de la civilisation des mégalithes avaient compris qu’il suffisait de placer des pierres levées (menhirs ou dolmens) sur les sorties telluriques intenses pour créer un équilibre entre les rayons telluriques négatifs et les rayons cosmiques positifs. On parle alors de rapport cosmo-tellurique qui doit être égal à un ou tendre vers l’unité. Voilà donc pourquoi on se sent si bien à proximité des mégalithes que nos ancêtres n’hésitaient pas à caresser pour espérer, par exemple, une guérison.

Dès lors, on comprend que les sites mégalithiques aient été considérés comme des lieux sacrés, de même que les églises et les cathédrales qui, en tant qu’édifices de pierre, jouent un rôle similaire.

Du reste, on remarquera que ces derniers monuments religieux se sont souvent substitués aux pierres levées, et certainement pas dans l’unique but de remplacer la religion païenne par la nouvelle religion chrétienne. Tel est le cas de la cathédrale de Chartres qui est supposée avoir été bâtie sur un ancien dolmen. Plus exactement, c’est l’autel d’origine qui aurait été dressé au-dessus de la « grotte des druides » censée avoir abrité un dolmen sacré, confirmant ainsi ces propos de l’évêque de Poitiers (en 1840) : « L’important à Chartres n’est pas ce qui est au-dessus, mais ce qu’il y a au-dessous ». Bien évidemment, tous les édifices religieux construits sur d’anciens lieux mégalithiques et/ou de culte druidique, servant, en quelque sorte, de relais entre les rayons telluriques et les rayons cosmiques (et permettant ainsi à ceux qui les fréquentent de recevoir des ondes bénéfiques aussi bien pour le corps que pour l’esprit), ont été depuis longtemps signalés comme tels grâce à l’instauration du culte des Vierges Noires (apparu dès le XIème siècle). Celles-ci ont, en effet, été systématiquement placées sur des hauts-lieux d’énergie. Et pour bien montrer l’importance des sites marqués par la présence des statues de Vierge Noire, on a entouré lesdites statues de légendes, créées de toutes pièces, destinées à dissuader les générations futures à avoir seulement l’idée de les déplacer.

Ainsi, à Ceignac (Aveyron), « la légende qui entoure tant d’origines de ses voiles naïfs et mystérieux, nous raconte que la pieuse Madone manifesta elle-même le désir de se voir honorée dans un temple aux proportions plus vastes et plus convenables. Une nuit donc elle quitta la place qu’elle occupait dans le vieux sanctuaire et alla se cacher sous d’épaisses broussailles. Lorsque le prêtre qui desservait l’église eut constaté cette disparition, il chargea son clerc sacristain d’aller à la recherche de la Madone. Au bout de quelque temps, on découvrit sa retraite et la vierge fut remise dans sa niche. Plusieurs fois encore elle se déplaça. Le clerc sacristain, fatigué de voir se renouveler ce voyage qu’il traitait de capricieux, se permit une grave irrévérence vis-à-vis de la statue miraculeuse. Il la frappa avec colère à la figure. Aussitôt le bras de cet étourdi se dessécha. On comprit alors la volonté de la Madone, et la construction de la nouvelle église fut décidée immédiatement. » (ce passage est extrait d’un ouvrage imprimé à Rodez en 1876 et ayant pour titre « Notre-Dame de Ceignac, histoire du sanctuaire vénéré »). Enfin, signalons que la basilique de Ceignac (abritant une très belle Vierge Noire) vient confirmer nos propos sur ces « lieux énergétiques » puisque nous y trouvons, gravée dans la pierre du linteau de la porte ouest, la même inscription (en latin) que celle qui figure sur le tympan du porche de l’église de Rennes-le-Château : TERRIBILIS EST LOCUS ISTE (ce lieu est terrible). A en croire cet avertissement exposé à la vue de tous, nous pourrions penser que Ceignac et son église sont des lieux terrifiants. Mais il faut, bien entendu, replacer cette phrase dans son contexte. Celle-ci est tirée d’un passage de la Genèse (28.17) rappelant les paroles de Jacob au moment où celui-ci sortait de son sommeil : « Il eut peur, et dit : Que ce lieu est redoutable ! C’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte des Cieux ! » Si ces mots sont extraits de la Bible, il n’y a donc rien de surprenant à les retrouver inscrits dans la pierre de ces deux édifices religieux (celui de Rennes-le-Château et celui de Ceignac). En revanche, le choix de ces paroles n’est pas innocent, car elles sont là pour indiquer au visiteur qu’il se trouve, en fait, sur un haut-lieu d’énergie

Le rédacteur de cet article est Pascal Cazottes, historien et auteur de plusieurs ouvrages. Vous pouvez consulter certains de ses articles depuis ce site internet : Générations Cités d’Or.